Je fais partie de l’équipe d’aumônerie d’un hôpital du Brabant Wallon. Il y a peu, je frappe et entre dans une chambre à un lit. S’y trouvait une femme d’environ 50 ans. Elle me dit être là parce que, étant alcoolique, elle venait pour un sevrage. On se met à parler et elle me dit : « De plus, je suis divorcée et non seulement divorcée mais (j’ai retenu sa formulation) je vis dans le péché… » Cela voulait dire qu’elle rencontrait un homme de temps à autre, un homme marié, qui vivait toujours avec sa femme et leurs enfants.
En gros, je lui ai dit : « Je n’aime pas votre formulation ‘vivre dans le péché’ (Jésus n’a d’ailleurs jamais dit cela à personne) mais, comme vous le sentez vous-mêmes, ce ne serait pas bien de participer à la rupture d’un couple, même si l’homme que vous fréquentez dit ne pas y être heureux. Elle en était bien consciente. Finalement, je lui ai dit à peu près ceci : « Quelle que soit votre manière de vivre, l’immense tendresse que Dieu vous porte restera toujours la même. Pour moi c’est une certitude. C’est ce que Jésus n’a cessé de dire. » Son GSM a alors sonné. Pendant que je sortais, elle m’a fait signe : merci. La semaine suivante, elle était retournée chez elle. Je ne l’ai plus revue.